L’enseignement

"Le coeur est l'ultime vérité, l'esprit n'est qu'une étape"
Ramana Maharshi

Entrainons-nous à embrasser notre expérience



Un cheminement spirituel authentique vise à découvrir la véritable nature de toute chose, au delà des fonctionnements de l'égo. L'égo est une manière illusoire et souffrante d'appréhender le monde, qui crée une séparation entre moi et autrui. Aller au delà de ce fonctionnement égotique, c'est cheminer vers la non-dualité, vers la connaissance que toute chose se ramène à Un.
Afin de parcourir ce chemin, nous avons besoin de nous entraîner à embrasser ce que nous vivons, petit à petit, au delà des jugements et des concepts. Choisir de retourner à chaque instant dans l'Unité au lieu de continuer à créer de la séparation. Pour cela, un outil principal : ressentir au lieu de penser.

1. La base : la pratique de l'attention

"Quelle que soit la tâche que vous effectuez, faites-la lentement, avec l'attention qu'elle mérite. Ne la bâclez pas pour en finir. Soyez relaxé en toute chose et portez-y toute votre attention."
Thich Nhat Hanh

La base de la pratique spirituelle, c’est l’attention et le rappel. 

La pratique de l’attention, c’est être attentif à ce que l’on vit, à ce que l’on ressent physiquement et émotionnellement, à ce que l’on pense, aux gestes que l’on fait, aux paroles que l’on dit. Il s’agit d’être simplement présent à tout cela, sans chercher à le changer, sans se tendre, sans se concentrer, sans lutter, sans s’investir dans les jugements ou les analyses. On observe simplement de manière relâchée.

La pratique du rappel, c’est se souvenir à tout instant d’être présent à ce que l’on vit. Il s’agit de revenir dans le présent et le réel à chaque fois qu’on s’est investit dans des histoires intérieures, des projections, des souvenirs.

La méditation assise est un bon moyen de s’entraîner à l’attention et au rappel. Les pratiques en groupe en ligne soutiennent cet entraînement. Le complément de la méditation assise est une attention à soi et à ce qu’on fait dans tous les moments de la vie quotidienne.

2. La pratique centrale : s'ouvrir et se détendre dans l'instant présent

"Soyez vous-même. La vie est précieuse telle quelle. Tous les éléments pour votre bonheur sont déjà là. Il n'y a pas besoin de courir, de chercher ou de lutter. Juste être." Thich Nhat Hanh

Revenir dans l'instant présent

L’instant présent se vit dans les sensations physiques. Revenons ressentir notre corps aussi souvent de possible : la respiration, les pieds sur le sol, le vent sur notre peau,…

En revenant à l’instant présent, on revient à ce qui est réel, tangible. On se désengage de nos chimères mentales.

Relâcher la tension mentale et physique

On s’entraîne à prendre conscience des tensions mentales et physiques : vouloir ceci, rejeter cela, se contracter dans telle situation,..

On peut alors choisir, consciemment, de ne pas continuer de s’engager dans ces tensions. De simplement relâcher l’effort.

S'ouvrir à ce qu'on vit

Quand on est présent à ce qu’on vit, on peut choisir de s’ouvrir à ses émotions et à ses ressentis physiques.

Ainsi, les énergies se déchargent, les sensations circulent, le calme et la lucidité peuvent venir naturellement et spontanément.

Pour découvrir et entraîner la capacité à s’ouvrir, le cadre idéal est une retraite de pratique collective. Une fois découverte, l’expérience se cultive dans son quotidien à chaque instant.

3. L'essence du chemin : voir clairement la nature de ce que je suis et ce que je vis

"Un unique océan produit sans arrêt des vagues qui apparaissent et disparaissent mais ces vagues ont leur être dans l'océan ; l'océan demeure en elles et elles demeurent dans l'océan. Et chaque vague est différente, chaque vague est unique. Vous êtes en Dieu comme la vague est dans l'océan et Dieu est en vous comme l'océan est dans la vague." Arnaud Desjardins

Un cheminement spirituel est une remise en cause fondamentale de la manière dont nous vivons habituellement notre vie. Au lieu de tourner notre attention vers l’extérieur, vers les situations que nous rencontrons, nous observons de quoi est faite notre expérience.
Les enseignements traditionnels disent :  « tous les phénomènes sont comme des rêves », « tout est vacuité », « tous les phénomènes sont vides d’existence propre », « tout est Dieu »,… Et si nous aussi nous pouvions expérimenter ce que cela signifie dans l’expérience ?

Pour parcourir cette dimension du chemin, il est essentiel de recevoir les instructions directes d’une enseignante ou d’un enseignant, puis de pratiquer quotidiennement la contemplation, chez soi et en retraite. Des pratiques de contemplation en mouvement comme la Danse du Vajra sont très utiles.

4. Descendre dans le coeur : accueillir les joies comme les difficultés

"La première personne dont l'amour vous est nécessaire, c'est vous tels que vous êtes, incomplets, imparfaits. " Arnaud Desjardins

Le cheminement spirituel inclut pleinement tout ce qui constitue notre vie. C’est un chemin de réconciliation avec son individualité, son histoire, le monde, ses habitants,… Cette réconciliation est importante pour pouvoir lâcher le sentiment de séparation et descendre dans le coeur, apaisé. On est ainsi amené à rencontrer les zones douloureuses de son expérience : ce qu’on n’aime pas, ce qui nous fait peur, ce qu’on évite, ce qui nous met en colère, ce qu’on ne veut pas perdre… On apprend à ressentir ces situations pleinement, à laisser les émotions circuler et se décharger. On apprend aussi à reconnaître et laisser vivre nos aspirations, nos élans, nos besoins… Toujours dans le respect de l’autre comme étant une part de nous-même.

Pour avancer sur ce chemin de réconciliation intérieure, le processus de la Communication NonViolente selon Marshall Rosenberg est très utile car il permet de se reconnecter à tout ce qui est vivant en soi, ses aspirations profondes et ses besoin fondamentaux.

Un outil complémentaire peut être de participer à des retraites de lying. Il s’agit d’une pratique d’introspection accompagnée qui permet de libérer les empreintes psychologiques inconscientes. On y apprend à rencontrer ce qui est difficile et à le libérer. L’origine de cette pratique est Swami Prajnanpad, le maître indien d’Arnaud Desjardins.

Un autre outil utile sur le chemin est la participation à des groupes de parole. On peut y partager de coeur à coeur ses succès comme ses difficultés, et y trouver de l’empathie et du soutien.

Références :

Bouddhisme Mahamudra : Denys Rinpoché

Védanta non dualiste : Arnaud Desjardins et Ramana Maharshi

Dzogchen : Chögyal Namkhai Norbu

Bouddhisme Zen : Thich Nhat Hanh

Communication NonViolente : Marshal Rosenberg et Robert Gonzales